Entrevue avec Dominic Jasmin pour l’album “Amphigouri“ [KOHL043]

Dominic Jasmin - kohlenstoff - Amphigouri

Dominic Jasmin est un improvisateur et compositeur électroacoustique vivant à Montréal. Sa musique se situe aux frontières de la musique actuelle et de la musique acousmatique, mélangeant la nature accidentelle et imprévisible de l’improvisation aux techniques électroacoustiques pour créer quelque chose qualifié de « bruit avec une forme ». Il travaille principalement avec des sons d’objets et du traitement électronique, mais incorpore parfois de la guitare à ses performances live. Après un passage très remarqué à l’édition XVI d’Akousma, voici l’entrevue pour son album Amphigouri!

 

Les choses semblent bien fonctionner pour toi présentement. Tu reviens d’ailleurs d’Allemagne où tu y as fait plusieurs shows. Comment as-tu vécu ton expérience là-bas? Tu y allais juste comme ça ou bien tu avais un projet précis?

Je suis allé en tournée en Mai dernier parce que j’ai eu l’invitation d’Illi Adato, organisateur d’une série de festivals de musiques improvisés appelée « Oooh Fest » à Londres. Étant en Europe, j’ai booké quelques dates sur le continent, ce qui m’a permis de jouer à Vienne, au ImproFest Währing en duo avec l’artiste visuel Wolfgang Dokulil et à Berlin ou j’ai pu retravailler avec la poétesse et artiste de performance Lorena Iziquierdo Aparicio pour 3 concerts dans la ville. Malheureusement, je n’ai pas d’enregistrements de nos performances ensemble.

Ton album Amphigouri semble avoir une esthétique sonore beaucoup plus radicale que celle des pièces que tu as composés par le passé, je dirais que l’écriture est beaucoup plus “affirmé”. Est-ce que tu as changé tes outils de création ou bien peut-être as-tu acquis une plus grande confiance dans ton expression musicale?

Je pense avoir acquis une plus grande confiance sur « l’instrument » que j’utilise qui se traduit par un produit plus affirmé. Le travail de composition est aussi un peu secondaire sur l’album, c’est une collection de courtes improvisations superposées et chevauchées de façon assez rough.

Tes pièces sont très courtes pour cet album, parfois moins d’une minute. Pourquoi si courte?

C’est plus ou moins des pièces mais des sections assez définies, qui (j’espère) se tiennent toutes seules, d’une grande pièce. On est à mi-chemin entre une série de miniatures et une pièce « standard ».

Je suis curieux de savoir quels sont les outils que tu as utilisés pour créer les sons sur Amphigouri. Des synthés j’imagine.. lesquels?

À peu près pas de synthés, deux enregistrements de modulaire. 95% de la matière provient de prise de sons au micro, beaucoup de petits objets, par exemple des feuilles de papier ou de la petite quincaillerie. Je travaille beaucoup à pousser mes effets audio à l’extrême et à jouer entre le son de base et le son complètement dénaturé par le traitement, ce qui leur donne une texture synthétique.

Ton passage au festival de musique immersive AKOUSMA XVI en octobre dernier a été TRÈS remarqué. Je crois que tu t’es fait un public instantané ce soir-là, un public qui va te suivre dans le future.. Pour ma part je peux affirmer que c’était le set le plus épique auquel j’ai assisté dans les dernières années! Est-ce que tu utilises ces mêmes outils en show?

Le setup de performance est une version light du Liveset de composition, question de gestion de CPU et de mappings MIDI ergonomiques.

Dans ta démarche tu parles d’une musique qui se situe aux frontières de la musique actuelle et de la musique acousmatique. Quelle est cette frontière et comment décrirais-tu la différence entre la musique actuelle et la musique acousmatique?

La frontière est purement sémantique. Les considérations esthétiques de la musique acousmatique et de la musique actuelle sont les mêmes, ce sont deux musiques « de sons » ou « plastiques ». La différence est dans le temps de création ou un est en studio et l’autre est en direct. Pourtant, dans l’imaginaire collectif, il y a un fort clivage entre les deux pratiques.

Je te vois souvent présent à des spectacles à Montréal. Tu sembles être un grand consommateur de shows. Est-ce que tu as fait de bonnes découvertes ces derniers temps?

Le duo Chayer/Lefebvre et Moshi Moshi, sûrement dans les sets les plus marquants que j’ai vu dans la dernière année.

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi au niveau des arts dans un futur proche?

Plus de concerts, plus de studio. Je me suis remis à la guitare récemment et je renoue avec le harsh noise et la musique industrielle.

Merci Dominic !

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